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10-02-2014

les secteurs phares au Cameroun

Avec une croissance annuelle de 4,4% en 2012, le Cameroun paraît moins dynamique que ses voisins et l’Afrique subsaharienne en général. Pourtant les sources de croissance sont nombreuses.

 Le secteur des services

Les services sont devenus la source de croissance la plus dynamique pour l’économie camerounaise. Après avoir progressé de plus de 5 % en 2011 et de plus de 6,4 % en 2012, ils devraient croître de 8,3 % en 2013.

Dopée par la bonne santé des télécommunications, du transport et de la logistique (21,25 % des recettes du secteur, et en hausse de 8,9 % en 2012), la part du tertiaire dans le PIB du pays a dépassé les 47 % l’an dernier. Une tendance qui devrait s’installer, puisqu’elle repose sur des activités diverses et en plein essor, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’administration (20,23 % des recettes du secteur en 2012, +13,27 %), ainsi que dans ceux du commerce, de l’hôtellerie et de la restauration (40,48 % des recettes du secteur, +3 %).

 En attendant le lancement du troisième opérateur de téléphonie mobile du pays, Viettel, les télécoms continuent de progresser, de même que les activités de transport et de logistique. L’aérien reprend : Camair-Co, la compagnie nationale, enregistre des hausses de ses trafics fret et passagers. Tout comme Camrail dans le ferroviaire qui, avec la livraison en 2013 de 6 locomotives et de 80 wagons supplémentaires, devrait maintenir les bons résultats affichés l’an dernier.

Le secteur des hydrocarbures

S’il est prévu que la hausse enregistrée en 2012 se prolonge jusqu’en 2015, les perspectives de production d’hydrocarbures resteront limitées à moyen terme.

Le Cameroun s’apprête par ailleurs à valoriser son gaz naturel (dont les réserves sont estimées à 160 milliards de mètres cubes) à partir du complexe de Kribi, où Cameroon LNG, filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de GDF-Suez, achève la construction de son unité de liquéfaction. Le chantier du gazoduc sous-marin de 270 km de long doit démarrer d’ici à la fin de l’année, pour de premières livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) prévues en 2018. L’investissement global de l’opérateur est estimé à près de 4 milliards d’euros.

Mines : un potentiel bientôt révélé

Diamant, bauxite, fer, cobalt, nickel, or… Le sous-sol camerounais renfermerait plus d’une cinquantaine de minerais, dont aucun n’est encore exploité. Depuis une dizaine d’années, le gouvernement a attribué nombre de permis d’exploration et d’exploitation, dont certains commencent à porter leurs fruits. Situé dans l’Est, le gisement diamantifère de Mobilong a livré ses premières pierres début 2013. L’opérateur coréen Cameroon & Korea Mining (C&KM) estime son potentiel à 18 millions de carats.

L’américain Geovic Mining Corp., via sa filiale Geovic Cameroon, s’est associé fin juillet 2013 au chinois Jiangxi Rare Metals Tungsten Group Holding Company (JXTC) afin d’accélérer le développement et la mise en production de la mine de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna (Sud-Est), dont les réserves sont estimées à plus de 100 millions de tonnes de minerai.

 Deuxième plus grand gisement de fer d’Afrique

Enfin, après avoir mis fin à ses négociations avec le chinois Hanlong Mining, l’australien Sundance Ressources, à travers sa filiale locale Cam Iron, s’apprête à choisir son partenaire stratégique pour le développement du gisement de fer de Mbalam-Nabeba (à cheval sur la frontière avec le Congo). Son objectif: finaliser l’accord de partenariat dans le courant du quatrième trimestre.

La production du site – considéré comme le deuxième plus grand gisement de fer du continent – est estimée à 35 millions de tonnes sur vingt ans, pour un investissement de 4,7 milliards d’euros. Sundance prévoit notamment de construire une voie ferrée de plus de 500 km pour évacuer les minerais vers le futur terminal du port en eau profonde de Kribi.

Infrastructures: boom énergétique et routier 

Après un sérieux relâchement dans l’entretien et la mise à niveau des infrastructures de transport et un désinvestissement du secteur de l’énergie – dont le pays reste pourtant le plus important producteur au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) , le gouvernement met enfin les bouchées doubles pour réaliser les projets prioritaires identifiés dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) 2010-2020. Un réveil largement motivé par le fait que ces derniers, d’une importance cruciale pour le développement de la sous-région également, suscitent l’apport de financements de la part des partenaires régionaux et internationaux.

Le pays s’est par ailleurs attelé à la réalisation d’un réseau d’hydroélectricité, sachant qu’il dispose en la matière d’un potentiel estimé à 20 GW (le deuxième du continent après la RD Congo), dont il n’exploite que 6 %… mais qui lui fournit déjà 95 % de son électricité.

 Principal chantier en cours, le barrage-réservoir de Lom Pangar (30 MW), sur la Sanaga, devrait être livré fin 2014-début 2015. Il est construit par la China International Water & Electric Corporation et l’Electricity Development Corporation, pour un coût 75 milliards de F CFA, cofinancés par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence française de développement.

Le dossier routier, lui, a pour priorités la densification du réseau intérieur pour désenclaver les zones agricoles et le développement des connexions avec les pays voisins afin de renforcer l’intégration régionale. Si la construction du premier tronçon de l’autoroute Douala-Yaoundé (80 km sur 195 km au total) commence à peine, trois axes majeurs sont en cours d’aménagement et seront livrés à partir de 2015, pour un montant total de près de 300 millions d’euros : le premier entre Douala, N’Djamena et Bangui, le deuxième vers le Nigeria et le troisième entre Yaoundé et Brazzaville.

 Agriculture

Malgré des ressources agro-forestières abondantes, le secteur primaire a vu reculer sa contribution au PIB depuis dix ans, faute d’investissements. Le gouvernement a élaboré en 2008 un plan de relance pour étendre les superficies cultivées (un quart des terres arables du pays), faciliter l’approvisionnement et l’utilisation d’intrants, ainsi que l’accès des paysans aux financements. Résultat : les produits de rentes et vivriers sont repartis à la hausse en 2012. 

Les activités de première transformation du café et du cacao ont augmenté la valeur ajoutée des produits d’exportation, de même que celles de l’huile de palme – avec un franc succès remporté par les savons de la Socapalm sur le marché nigérian -, mais elles doivent encore être développées et étendues à d’autres filières (coton, hévéa). 

Le bois, deuxième produit d’exportation

Parmi les autres chantiers en cours : l’amélioration du rendement dans l’exploitation des fruits, en particulier des bananes (dont l’exportation représente près de 3 % des recettes du pays hors pétrole) et la relance du secteur forestier. Le bois, qui est d’ores et déjà le premier produit camerounais d’exportation hors pétrole (environ 30 % des recettes), pourrait en effet rapporter beaucoup plus, sachant que la moitié seulement du million de mètres cubes exporté chaque année est transformée localement.

 BTP & industries manufacturières

L e secteur secondaire a affiché une croissance globale de 3,4 % et contribué à 23,4% du PIB camerounais l’an dernier, tiré par la croissance du BTP (11,9 % des recettes du secteur en 2012, en hausse de 4,83 %), des industries agroalimentaires (25,5 %, + 4,3 %) et des autres industries manufacturières (43,6 %, + 2,6 %).

Les grands projets dopent le BTP, qui attire de plus en plus d’investisseurs : si le nigérian Dangote n’en finit pas de confirmer l’édification d’une cimenterie à Douala, le marocain Addoha, lui, a posé la première pierre de son usine fin 2012. Et avec les extensions prévues par Cimencam (filiale locale de Lafarge), la production camerounaise pourrait atteindre 4 millions de tonnes et couvrir 50 % des besoins du marché national d’ici à deux ans.

L’agroalimentaire peut s’appuyer sur la bonne santé des brasseurs (SABC, Guiness SA, UCB), avec une part de marché croissante pour l’eau minérale. La production d’aluminium, elle, a été plombée par les coupures récurrentes d’électricité liées à la vétusté du réseau, réduisant d’un tiers les volumes exportés l’an dernier. La filière devrait se relancer avec l’arrivée d’une nouvelle aluminerie à Kribi. Financée et opérée par Alucam, filiale de Rio Tinto, elle pourrait entrer en production dès 2017.

Source Jeune Afrique